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Design des espaces extérieurs – L’architecture paysagère comme outil pour pousser plus loin notre conception

Quand on parle d'architecture, on pense aux bâtiments et surtout à la relation intérieur-extérieur. Yosuke Hayano, de MAD Architects, a déclaré que "l'architecture devrait avoir un lien émotionnel avec la nature". En tant qu'architectes, nous créons une architecture contextuelle et durable pour mieux vivre, prendre soin, travailler et apprendre. Comment aller plus loin dans la réflexion sur la relation intérieur-extérieur ? Comment appliquer nos principes architecturaux, les principes et les valeurs des espaces extérieurs dans nos projets ? Comment établir des liens plus étroits entre nos projets et leur environnement (non) construit ? Comment façonner et optimiser le microclimat autour de nos bâtiments pour concevoir un projet plus durable ? C'est ici que l'architecture paysagère intervient dans le processus de conception.

Pourquoi, qui, quoi ?

L’expérience d’un bâtiment commence déjà avant notre premier pas à l’intérieur, dès le premier regard que nous portons de la rue à notre promenade jusqu’à l’entrée principale. Cet espace « non construit », négatif sur le site, est aussi important que le bâtiment lui-même. L’architecture paysagère ne doit pas être abordée comme l’espace résiduel, mais plutôt comme le lien entre le projet et son site (contexte), et c’est aussi l’occasion d’étendre le programme à l’extérieur et de renforcer l’identité du projet.

Il est essentiel de créer un fort sentiment d’appartenance à un lieu pour les utilisateurs et la communauté au sens large. Le caractère d’un lieu a un impact sur son utilisateur, ce que l’on appelle la « géographie émotionnelle ». Qui mieux que les utilisateurs eux-mêmes savent ce qu’ils apprécient dans un lieu et ce qui leur donne un sentiment positif ? C’est pourquoi, en tant qu’architectes, il nous appartient d’impliquer les futurs utilisateurs dans le processus de conception. Ils nous aident à identifier ces aspects afin de créer un environnement qui réponde à leurs besoins et contribue à leur bien-être.

Siège social CM Limbourg

Architecture paysagère contextuelle : la compréhension de l'environnement comme clé

La compréhension du site (contexte), par l’étude de cartes historiques (comme source de connaissances sur la structure/le développement urbain et la manière dont le paysage naturel a été déployé, utilisé pour la protection, le transport, etc.), nous aide à former/guider l’environnement bâti. Il est souvent judicieux de suivre la voix du passé lors de la prise de décisions. Souvent il y a une bonne raison pour laquelle l’utilisation historique des terres a eu lieu d’une certaine manière. Les analyses urbaines et les études environnementales (exposition au soleil, au vent et au bruit ; conditions du sol ; couloirs verts et bleus, etc. Elles permettent de rendre visibles à une plus grande échelle les points d’intérêt, les réseaux importants et les points faibles d’un site. Qu’est-ce qui fait la spécificité de ce site et comment en tirer parti ? Cette prise de conscience nous permet de présenter avec précision les différents programmes sur le site et d’ancrer fortement le projet dans la communauté, et vice-versa.

O.L.V van Lourdes, Wakken : schémas d'analyse urbaine et environnementale

L'architecture paysagère comme outil pour pousser plus loin la conception

Cela est uniquement cohérent si les quatre piliers d’archipelago (la programmation, l’expérientiel, la durabilité et l’économie du projet) sont appliqués ensemble avec nos valeurs aux espaces extérieurs afin de pousser la conception encore plus loin et de réaliser des projets complets.

L’exercice de conception des espaces extérieurs dans cette première phase renforce l’histoire de la durabilité. Le choix des matériaux doit être basé sur des études d’évaluation du cycle de vie afin de réduire leur impact environnemental tout en gardant à l’esprit leur potentiel de réutilisation pour compléter les stratégies de construction circulaire. Ainsi, on peut prévoir une stratégie de l’eau à l’échelle du site en optimisant les solutions circulaires, comme la réutilisation des eaux de pluie ou des eaux grises pour réduire la consommation inutile d’eau potable. Ou encore intégrer d’autres flux d’énergie qui peuvent s’inscrire dans des stratégies circulaires comme la production d’énergie sur le site, etc.

Cela contribue donc à la résilience de notre environnement de vie, de soins, d’apprentissage et de travail. La résilience est définie comme « la capacité de s’adapter à des conditions changeantes et de maintenir ou de retrouver sa fonctionnalité et sa vitalité face au stress ou aux perturbations ». C’est la capacité à rebondir après une perturbation ou une interruption ». Le domaine public et le paysage sont des médias vers la résilience. Viser un projet résilient soutient deux de nos piliers : la programmation et l’économie.

En fait, la conception de projets qui favorisent la résilience écologique, assurent une résilience socio-économique et fournissent des systèmes d’infrastructure résistants pour les besoins humains, tels que les sources d’énergie disponibles localement et renouvelables, le confort urbain, la santé des occupants, etc. Cela permet d’obtenir des projets plus adaptables et plus vivables. Outre les avantages durables de l’application de l’architecture paysagère dès la phase de conception, elle apporte également une valeur ajoutée à l’expérience de l’environnement (bâti) et offre la possibilité de contribuer à la guérison de l’environnement. Donner accès à un espace extérieur et créer une vue de l’intérieur sur un environnement naturel sont deux possibilités pour un architecte d’agir comme un « guérisseur » et de réduire activement le niveau de stress des gens. De plus, dans l’architecture du paysage, des éléments peuvent être inclus pour éviter que les gens se sentent stressés, par exemple : une bonne orientation, des endroits pour la prospection et le refuge, une densité équilibrée, etc. Les effets positifs de ces règles empiriques de la psychologie environnementale peuvent être renforcés lorsque des méthodes telles que la co-création et le Scenario-Based Design sont appliquées pour une conception sur mesure. Enfin, les principes WELL peuvent être mis en pratique comme lignes directrices pour la configuration des espaces extérieurs.

O.L.V van Lourdes,Wakken : "ferme sur le toit", croquis de la terrasse sur le toit
O.L.V van Lourdes,Wakken : "la ferme sur le toit", conception basée sur des scénarios

Les avantages de l'architecture paysagère mis en pratique dans le projet de CHwapi

Une infrastructure (verte) ouverte sur la ville.

Le projet du « Centre Hospitalier de Wallonie picarde » (CHwapi) est né de la volonté de réunir sur un même campus tous les lits d’hospitalisation « aigus » de la région de Tournai. Conçu pour favoriser l’interaction sociale, notamment grâce à sa base ouverte et à son parvis public, l’hôpital a été soigneusement intégré dans la ville. L’objectif est non seulement de fournir une infrastructure sanitaire mais aussi un espace public (vert) pour la communauté.

Grâce au processus de conception basé sur la performance, nous avons identifié les zones les plus confortables du point de vue du confort urbain (zones calmes et les plus ensoleillées pendant l’année,) qui conviennent à la programmation des espaces extérieurs. Nos recherches sur le pouvoir de guérison de la nature nous ont conduit à choisir d’appliquer les principes du jardin de guérison. Comme point de départ, nous avons été inspirés, d’un point de vue esthétique, le travail de l’architecte paysagiste et artiste Burle Marx. Ensuite, nous avons profité de la diversité des chemins, combinée à l’aménagement paysager de la micro-topographie, pour modeler le microclimat du site afin de concevoir des zones calmes et relaxantes, à l’abri des vents forts et des nuisances sonores. En outre, la végétation joue un rôle important pour le confort urbain, la durabilité et la résilience du projet. Nous étudions actuellement l’éco-potentiel du site. Nous nous sommes concentrés sur la gestion de l’eau et avons mis au point le concept de miroirs d’eau qui mettraient en scène l’intensité des précipitations en modifiant le paysage pour créer un paysage visuel dynamique.

Enfin, ces espaces extérieurs sont conçus de manière qu’ils puissent être vécus à la fois au niveau du sol, bien sûr, mais aussi d’une chambre d’hôpital, tout comme l’utilisateur regarderait d’en haut une peinture par la fenêtre. En outre, nous testons constamment la conception au moyen de persona’s (Scenario-Based Design). La conception du projet est actuellement en cours.

Comment faire d’un grand hôpital un agréable voisin ?

Case Study - CHWAPI

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Différentes salles de l'espace public de guérison de l'hôpital CHwapi

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